Comment fonctionne le code morse
Le code morse repose sur une seule unité de temps. Un point dure une unité et un trait trois ; la pause à l’intérieur d’une lettre vaut une unité, celle entre les lettres trois et celle entre les mots sept. La vitesse se mesure en mots par minute sur le mot type PARIS, qui dure exactement 50 unités.
Par Kashif Sulehria. Dernière vérification le 19 septembre 2026. Tous les outils de MorseBeep suivent ces règles.
Ce que veut dire le code morse
Le code morse écrit les lettres, les chiffres et la ponctuation comme une suite de signaux courts et longs, que l’on prononce « ti » et « ta ». Il porte le nom de Samuel Morse, qui a mis au point le télégraphe électrique avec Alfred Vail. Comme il suffit de quelque chose qui s’allume et s’éteint, le même message passe en son, en lumière, en radio ou en coups frappés. Tout le sens tient dans les durées, et c’est ce que détaille cette page.
Les cinq règles
| Élément | Durée |
|---|---|
| Point (ti) | 1 unité |
| Trait (ta) | 3 unités |
| Pause entre les points et traits d’une lettre | 1 unité |
| Pause entre deux lettres | 3 unités |
| Pause entre deux mots | 7 unités |
Ce sont ces proportions qui rendent le morse lisible à l’oreille. Les opérateurs entraînés reconnaissent chaque lettre à son rythme sans compter les points, et le rythme n’est juste que si les durées le sont.
PARIS, le mot étalon
Pour mesurer une vitesse, il faut un mot typique. C’est PARIS qui sert d’étalon, car ses points, ses traits et ses pauses font exactement 50 unités, en comptant la pause de sept unités avant le mot suivant :
Les mots par minute (MPM)
Envoyer PARIS une fois par minute revient à envoyer 50 unités par minute. Une vitesse de V mots par minute vaut donc 50 × V unités par minute. Une minute compte 60 000 millisecondes, d’où la formule que tous les logiciels de morse utilisent :
unité (ms) = 1200 ÷ MPM
| Vitesse | Point | Trait | Pause entre mots |
|---|---|---|---|
| 5 MPM | 240 ms | 720 ms | 1680 ms |
| 10 MPM | 120 ms | 360 ms | 840 ms |
| 13 MPM | 92 ms | 277 ms | 646 ms |
| 15 MPM | 80 ms | 240 ms | 560 ms |
| 20 MPM | 60 ms | 180 ms | 420 ms |
| 25 MPM | 48 ms | 144 ms | 336 ms |
| 30 MPM | 40 ms | 120 ms | 280 ms |
| 40 MPM | 30 ms | 90 ms | 210 ms |
Certains logiciels prennent le mot CODEX (60 unités), ce qui donne une vitesse réelle un peu plus lente pour le même réglage. MorseBeep utilise PARIS, comme la plupart des logiciels et comme l’ARRL.
L’espacement Farnsworth
Pour apprendre, on utilise souvent l’espacement Farnsworth : chaque lettre est envoyée à pleine vitesse, et garde donc le rythme que vous entendrez plus tard, mais les pauses entre les lettres et les mots sont allongées. La norme de l’ARRL (Bloom, 1990) répartit ce temps en plus sur les 19 unités de pause de PARIS :
- Temps ajouté par mot :
ta = (60c − 37,2s) ÷ (c × s)secondes, où c est la vitesse des caractères et s la vitesse globale, toutes deux en MPM. - Pause entre les lettres :
3 × ta ÷ 19 - Pause entre les mots :
7 × ta ÷ 19
Un exemple : des lettres à 18 MPM avec une vitesse globale de 10 MPM donnent des points de 67 ms, mais des pauses de 621 ms entre les lettres et de 1449 ms entre les mots. Quand les deux vitesses sont égales, on retrouve les pauses normales de 3 et 7 unités. Les deux se règlent dans chaque outil de MorseBeep.
La hauteur du son
La hauteur du son ne change rien aux durées. Les opérateurs écoutent en général un son entre 500 et 800 Hz ; MorseBeep démarre à 600 Hz et laisse choisir de 300 à 1200 Hz. Chaque bip monte et descend en 5 millisecondes. Couper un son net produit un claquement, et ce court fondu l’enlève sans changer la durée.
La norme UIT-R M.1677-1
Le code morse international est défini par l’Union internationale des télécommunications dans la recommandation UIT-R M.1677-1 (octobre 2009). Elle liste les lettres, les chiffres, la ponctuation et les signaux de service, et fixe les règles ci-dessus : un trait vaut trois points, la pause dans une lettre un point, entre les lettres trois et entre les mots sept. Le dernier ajout, en 2004, est l’arobase.
Quelques signes courants n’y figurent pas, comme le point d’exclamation (-.-.--) ou les lettres È, À et Ç. Ils sont signalés sur la page alphabet morse.
Morse international et morse américain
Le code créé par Samuel Morse et Alfred Vail pour le télégraphe américain s’appelle aujourd’hui le morse américain. Certaines de ses lettres contiennent des pauses au milieu du signal, et ses traits sont de longueurs différentes. En 1848, Friedrich Clemens Gerke l’a simplifié pour les lignes allemandes, et sa version, un peu modifiée, est devenue en 1865 à Paris la norme internationale. C’est ce morse international que la radio utilise aujourd’hui et que MorseBeep applique. Le morse américain est un autre code : un message écrit dans l’un ne se lit pas avec l’autre.
Un peu d’histoire
- Années 1830 : Samuel Morse et Alfred Vail mettent au point le télégraphe électrique et son code aux États-Unis.
- 24 mai 1844 : Morse envoie « What hath God wrought » sur la nouvelle ligne de Washington à Baltimore.
- 1848 : Friedrich Gerke simplifie le code pour les lignes télégraphiques allemandes.
- 1865 : la Conférence télégraphique internationale de Paris en fait le code morse international.
- 1906 : la conférence de Berlin adopte SOS comme signal de détresse, en vigueur en 1908.
- 1999 : le SMDSM remplace le morse pour les appels de détresse en mer.
- 2003 : la Conférence mondiale des radiocommunications supprime l’épreuve de morse obligatoire pour la licence radioamateur ; la France l’abandonne dans la foulée, les États-Unis en 2007.
Les radioamateurs pratiquent toujours le morse, et les balises de navigation aérienne émettent encore leur indicatif en morse. Cela reste une façon d’envoyer un message quand il ne reste qu’une lampe, un son ou un doigt pour frapper.
Comment MorseBeep produit le son
Les outils calculent le début et la durée de chaque point, de chaque trait et de chaque pause à partir des règles ci-dessus, puis confient le message entier au système audio du navigateur (l’API Web Audio). Comme le son est programmé sur l’horloge de la carte son, les durées restent justes même quand le téléphone est occupé. Le flash, la lampe, les lettres mises en évidence et la vibration suivent la même horloge. Les fichiers WAV sont fabriqués échantillon par échantillon à partir des mêmes durées.
Sources
- Union internationale des télécommunications, recommandation UIT-R M.1677-1, Code Morse international (10/2009).
- Jon Bloom, KE3Z, A Standard for Morse Timing Using the Farnsworth Technique, QEX, avril 1990, ARRL.
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